Libéralisation ambiguë des péages

Le ministre des Transports, José Luis Ábalos, a confirmé, le 9 mars dernier, la poursuite du programme de suppression des péages sur les autoroutes dont les contrats de concession arrivent à échéance. Avec une étape importante le 1er septembre 2021 : l’axe entre Tarragone et la frontière française. Cette initiative avait été annoncée par le ministre, le 18 juin 2018, dans une interview publiée, dans le quotidien El País. Le premier contrat concernait le tronçon Burgos-Armiñón, dans la province d’Alava du Pays Basque espagnol (84 km): le péage avait été supprimé à compter du 1er décembre 2018. Puis c’est le tronçon Alicante-Tarragone (474 km) et la totalité de la AP-4 entre Séville et Cadix (94 km) qui sont revenus dans le giron de l’État.

La prochaine étape, le 1er septembre 2021, concerne deux tronçons important en Catalogne : l’AP-2 entre Saragosse et El Vendrell (province de Tarragone) et l’AP-7 entre Tarragone et La Jonquera (frontière française). La mesure a été bien accueillie par les transporteurs routiers espagnols. L’AP-7 est un axe stratégique, c’est le « corridor d’exportation » des fruits et légumes de Catalogne, du Levant, de Murcie et de l’Andalousie orientale. Cette suppression des péages ne lève pas pour autant les interrogations quant au mode de financement futur du réseau espagnol. José Luis Ábalos, évoque, depuis plusieurs mois, la nécessité d’une « réflexion » et d’un « débat public » sur ce sujet, sans définir une position claire. « Le ministre lance des ballons-sondes », indique un responsable d’une organisation professionnelle espagnole du TRM. L’avant-projet de loi de mobilité durable et de financement du transport est un sujet d’inquiétude supplémentaire. Le teste ouvre la porte à l’instauration de l’écotaxe alors que les grandes entreprises du BTP et les opérateurs d’autoroutes, très influents en Espagne, mènent un lobbying intense en faveur de l’extension des péages. Le ministère s’est cependant engagé à ne pas introduire une « fiscalité verte » frappant le TRM sans l’accord préalable de la profession.

 

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